MaPrimeRénov' : le guide 2026

MaPrimeRénov’ est l’aide principale de l’État pour financer la rénovation énergétique des logements. Gérée par l’Anah (Agence nationale de l’habitat), elle a été profondément remaniée en 2026 : nouveaux barèmes, travaux exclus, conditions durcies, et un guichet fermé pendant plusieurs semaines. Voici ce qu’il faut savoir avant de se lancer.

Qui peut en bénéficier ?

Quatre conditions cumulatives :

  • Être propriétaire du logement — occupant ou bailleur.
  • Un logement de plus de 15 ans (attention : c’est 15 ans pour MaPrimeRénov’, alors que la TVA réduite s’applique dès 2 ans).
  • Une résidence principale (occupée au moins 8 mois par an).
  • Des travaux réalisés par un professionnel RGE (Reconnu Garant de l’Environnement).

Le montant dépend ensuite de vos revenus, répartis en quatre tranches selon le revenu fiscal de référence et la composition du foyer : très modestes, modestes, intermédiaires, supérieurs. Les plafonds de ressources ont été relevés d’environ 1 % en 2026 pour tenir compte de l’inflation.

Les deux parcours

Depuis 2024, MaPrimeRénov’ se décline en deux voies distinctes. Bien choisir la sienne est la première décision à prendre.

Le parcours « par geste » (monogeste)

Pour des travaux ciblés : une pompe à chaleur, un chauffe-eau thermodynamique, l’isolation des combles, le remplacement de fenêtres…

  • Pas d’accompagnateur obligatoire, démarches plus simples.
  • Cumulable avec les primes CEE.
  • Le montant cumulé de ce parcours est plafonné à 20 000 € sur 5 ans.
  • À titre d’exemple, l’aide la plus élevée du parcours concerne la pompe à chaleur géothermique, jusqu’à environ 11 000 € pour un ménage très modeste.

Le parcours « rénovation d’ampleur » (accompagné)

Pour une rénovation globale, c’est le parcours le plus généreux — mais le plus exigeant. Il impose :

  • Au moins deux gestes d’isolation (murs, planchers, combles).
  • Un gain d’au moins deux classes sur le DPE après travaux.
  • Un audit énergétique avant et après travaux.
  • L’accompagnement obligatoire par un « Mon Accompagnateur Rénov’ » (MAR), avec un rendez-vous préalable auprès d’un conseiller France Rénov’.

Le montant peut atteindre de l’ordre de 32 000 € pour un gain de 3 classes ou plus, pour un ménage très modeste (soit 80 % d’un plafond de dépenses de 40 000 € HT). Plus le saut de classes est important, plus le taux d’aide est élevé.

Bon à savoir : il est possible d’étaler la rénovation en deux étapes sur 5 ans, à condition d’atteindre au minimum la classe C (pour un logement initialement F ou G) ou la classe B (pour un logement initialement E). Le plafond de dépenses est majoré à la seconde étape.

Ce qui change en 2026

C’est le point le plus important si vous vous appuyez sur des informations datant de 2025.

Des travaux sortis du parcours par geste. Depuis le 1er janvier 2026, l’isolation des murs (par l’intérieur comme par l’extérieur) et les chaudières biomasse ne sont plus finançables en monogeste. Ils restent éligibles, mais uniquement dans le cadre d’une rénovation d’ampleur. D’autres gestes doivent également quitter ce parcours au 1er septembre 2026 : vérifiez avant de monter votre dossier.

Un guichet fermé, puis rouvert. Le dépôt de nouveaux dossiers avait été suspendu début 2026 dans l’attente du budget de l’État. Le guichet a rouvert le 23 février 2026, après l’adoption de la loi de finances, pour l’ensemble des parcours et profils de revenus.

Des délais très allongés. Environ 83 000 dossiers en retard étaient en cours de traitement à la réouverture. Comptez aujourd’hui environ 3 mois d’instruction pour le parcours par geste et jusqu’à 6 mois pour une rénovation d’ampleur.

Un recentrage assumé. Le dispositif privilégie désormais les logements les moins performants (classes E, F, G) et les rénovations d’ampleur, au détriment des gestes isolés. Le bonus « sortie de passoire » a par ailleurs été supprimé en 2025.

Autres ajustements : hausse d’environ 1 % des plafonds de ressources, relèvement des taux d’écrêtement (donc un reste à charge légèrement supérieur), baisse des primes pour le chauffage au bois, et baisse du taux de financement des ménages aisés en rénovation d’ampleur.

Les cumuls et l'écrêtement

MaPrimeRénov’ se cumule avec l’éco-PTZ, la TVA à 5,5 % et les aides locales.

Avec les primes CEE, c’est plus nuancé :

  • Parcours par geste : cumul possible, mais plafonné. Selon les barèmes 2026, le total MaPrimeRénov’ + CEE ne peut dépasser de l’ordre de 90 % de la dépense pour les très modestes, 75 % pour les modestes et 60 % pour les intermédiaires.
  • Parcours rénovation d’ampleur : selon plusieurs sources, les CEE ne sont pas cumulables avec MaPrimeRénov’ sur ce parcours. Les taux d’écrêtement propres à ce parcours sont plus élevés (jusqu’à 100 % pour les très modestes, 50 % pour les revenus supérieurs).

Les chiffres d’écrêtement varient selon les publications et les mises à jour de barème. Faites valider votre montage par un conseiller France Rénov’ ou le simulateur officiel.

Comment faire sa demande, étape par étape

  • Faire un diagnostic : DPE, et audit énergétique obligatoire si vous visez la rénovation d’ampleur.
  • Contacter France Rénov’ (conseil public gratuit et neutre) ; en rénovation d’ampleur, un rendez-vous préalable est requis et un MAR sera désigné.
  • Choisir un artisan RGE et obtenir plusieurs devis. Vérifiez la certification sur l’annuaire officiel.
  • Créer son compte sur maprimerenov.gouv.fr et déposer le dossier avec les justificatifs (avis d’imposition, devis, DPE…).
  • ⚠️ ATTENDRE la validation de l’Anah avant de démarrer les travaux.
  • Faire réaliser les travaux, puis transmettre les factures pour déclencher le versement.

Les erreurs qui font perdre l'aide

  • Démarrer les travaux avant l’accord de l’Anah. C’est l’erreur fatale : l’aide devient caduque, sans recours.
  • Oublier de demander la prime CEE avant de signer le devis (l’ordre est différent de celui de MaPrimeRénov’).
  • Choisir un artisan non RGE, ou RGE mais pas pour le geste concerné.
  • Se tromper de parcours : monter un dossier par geste pour des travaux désormais réservés à la rénovation d’ampleur.
  • Se fier au démarchage. Le démarchage téléphonique sur la rénovation énergétique est interdit depuis 2020. Les promesses de travaux « à 1 € » ou « financés par l’État » sont un signal d’alerte : passez par France Rénov’.

Si le reste à charge bloque

MaPrimeRénov’ ne couvre jamais 100 % des travaux. Pour financer le solde :

  • L’éco-PTZ (jusqu’à 50 000 €, sans intérêts, sans condition de ressources) — le complément le plus efficace.
  • Les primes CEE, dans les limites de cumul ci-dessus.
  • Les aides locales (région, département, commune), souvent oubliées.
  • La TVA réduite à 5,5 %, automatique.

À retenir

  • Propriétaire, logement de plus de 15 ans, résidence principale, artisan RGE.
  • Deux parcours : par geste (simple, cumulable CEE, plafonné à 20 000 € sur 5 ans) et rénovation d’ampleur (le plus généreux, jusqu’à ~32 000 €, mais audit + MAR + 2 classes de gain).
  • Depuis janvier 2026 : isolation des murs et chaudières biomasse exclues du monogeste ; d’autres gestes sortent au 1er septembre 2026.
  • Guichet rouvert le 23 février 2026, avec des délais de 3 à 6 mois.
  • Ne jamais commencer les travaux avant l’accord de l’Anah.
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