Glossaire : Effacement, marché de capacité
Deux notions liées à un même enjeu : garantir qu’il y aura toujours assez d’électricité disponible, surtout lors des pics de consommation hivernaux. L’une agit sur la demande (l’effacement), l’autre organise la disponibilité des moyens (le marché de capacité).
Effacement
Définition. L’effacement consiste à réduire ou décaler temporairement sa consommation d’électricité pendant les périodes de forte tension sur le réseau (les pics de demande). Chaque kWh non consommé à ce moment-là évite de solliciter des moyens de production supplémentaires, souvent des centrales thermiques polluantes.
Ce n’est pas une coupure. C’est une modulation planifiée, annoncée à l’avance (avec préavis) — et non une interruption subie. Un participant peut d’ailleurs refuser un effacement si ses impératifs l’exigent.
Qui l’utilise ? Historiquement, de grands consommateurs (industriels, sites tertiaires) capables de baisser leur consommation sur demande, souvent via des opérateurs d’effacement (ou « agrégateurs ») certifiés par RTE, le gestionnaire du réseau de transport. De plus en plus, les particuliers y participent aussi indirectement, via des signaux tarifaires (heures creuses, offres à jours de pointe) qui incitent à décaler les usages.
Contrepartie. L’effacement est rémunéré : réduire sa consommation au bon moment a une valeur pour l’équilibre du système, et peut être valorisé sur plusieurs mécanismes (capacité, ajustement, réserves).
Marché (ou mécanisme) de capacité
Définition. Le mécanisme de capacité est un dispositif d’« assurance énergétique » : il ne produit pas d’électricité, mais garantit que des moyens suffisants (production, stockage, effacement) seront disponibles au moment où le pays en a le plus besoin, notamment lors des pointes de froid.
Le principe. Les moyens de production, de stockage et d’effacement sont certifiés puis s’engagent à être disponibles pendant les périodes sensibles. Cette disponibilité est rémunérée. Le coût du dispositif est répercuté, in fine, dans le prix de l’électricité (il est particulièrement visible sur les factures professionnelles).
Une réforme majeure en 2026
Le mécanisme évolue en profondeur. Jusqu’à fin 2026, il reposait sur une logique décentralisée : les fournisseurs d’électricité (les « acteurs obligés ») devaient acheter des garanties de capacité, proportionnelles à la consommation de leurs clients aux heures de pointe, auprès des producteurs et opérateurs d’effacement.
À compter du 1er novembre 2026, un nouveau mécanisme centralisé entre en vigueur (validé par la Commission européenne pour dix ans). Ses principales évolutions :
- RTE devient l’acheteur unique de capacité : il contractualise directement les besoins via des enchères centralisées, et les fournisseurs n’ont plus à acheter individuellement des garanties.
- Le dispositif se recentre sur la période hivernale (novembre à mars), au lieu de l’année civile.
- Un nouveau signal « PP » remplace les anciens jours de pointe : RTE désigne 22 jours par hiver, uniquement sur les créneaux 7 h–10 h et 17 h–20 h, pour marquer les moments de tension.
- Le financement passe par une taxe de répartition des coûts.
L’année 2026 est une phase de transition entre l’ancien et le nouveau système.
Le lien entre les deux
L’effacement est l’un des moyens valorisés par le mécanisme de capacité : un opérateur capable de faire baisser la consommation lors des pics contribue à la sécurité d’approvisionnement, au même titre qu’une centrale ou une batterie. Réduire la demande ou augmenter l’offre disponible reviennent au même résultat : maintenir l’équilibre entre production et consommation.
À retenir
- Effacement = réduire/décaler sa consommation aux heures de pointe ; une modulation planifiée (pas une coupure), rémunérée.
- Mécanisme de capacité = assurance de disponibilité des moyens (production, stockage, effacement) pour la sécurité d’approvisionnement, surtout l’hiver.
- Réforme au 1er novembre 2026 : passage à un système centralisé piloté par RTE, recentré sur l’hiver, avec un signal de 22 jours de pointe.